Sainte-Beuve traduttore e lettore della Vita nuova: a proposito di un esperimento del 1830


Infos

Titre
Sainte-Beuve traduttore e lettore della Vita nuova: a proposito di un esperimento del 1830
Editeur
Franco Cesati
Auteurs
Sortie
2023
ISBN
979-12-5496-082-0
Pages
175
Prix
18€
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Inséré dans un volume consacré aux traductions des œuvres de Dante Alighieri dans les autres langues romanes que celle d’origine, l’article porte sur la Vita Nuova, un texte qui ne fut rendu accessible au public francophone qu’à partir du 19e s.

Après avoir décrit les trois premières traductions complètes du prosimètre en français, Paola Moreno se penche sur le premier essai de traduction partielle, la prémonition de la mort de Béatrice (Vn XXIII), qui figure dans les Consolations de Charles-Augustin Sainte-Beuve (1830), précisément dans un poème en l’honneur d’Anthony Deschamps.

Paola Moreno analyse en premier lieu la promenade que Sainte-Beuve dédie à son ami italianiste, grand admirateur de Dante, dont il devait guider la compréhension. La Vita Nuova, souligne la chercheuse, est présentée comme un récit exemplaire de la sublimation possible de l’amour terrestre même après la mort de l’aimée.

Vient ensuite une analyse du passage traduit, soit 67 alexandrins en rimes embrassées, lesquels sont ponctuellement comparés à la première traduction française intégrale de l’œuvre (Delécluze 1851). Cette confrontation permet à Paola Moreno de dégager les propriétés du texte de Sainte-Beuve dont le non-respect de la littéralité, quelque licence poétique, plusieurs omissions. Comme le montre la chercheuse, le traducteur français s’éloigne volontiers du texte d’origine et recourt à des formules imagées pour rendre compte de la souffrance de Dante et accroître le caractère dramatique de l’épisode. Si le texte n’est pas exempt d’erreurs, il comporte quelques trouvailles qui rencontrent le goût de l’autrice de l’article, qui reconnait également les efforts fournis par Sainte-Beuve, contraint par le genre de la consolation, pour faire découvrir au public de l’Hexagone un texte encore méconnu. De l’avis de Paola Moreno, en l’absence de modèle de référence, le résultat est « appréciable » et ne vaut « ni plus ni moins que les traductions contemporaines ou légèrement postérieures ». L’autrice relève en outre le caractère pionnier et méritoire de cette opération culturelle et linguistique au début des années 1800.

Enfin, Paola Moreno s’interroge sur la connaissance globale que pouvait avoir Sainte-Beuve de l’œuvre de Dante. S’appuyant sur un article de Michael Pitwood, elle rappelle que le poète français connaissait non seulement les trois cantiques dantesques – alors que les contemporains se limitaient souvent à L’Enfer – mais aussi d’autres œuvres de l’Italien. La chercheuse convoque un document liégeois – les notes d’un cours d’ « Ancienne littérature » tenu par Sainte-Beuve à l’Université de Liège en 1848-9, (Dehousse 1971) – pour montrer que Dante, Pétrarque et Michel-Ange furent cités en tant que continuateurs de la littérature courtoise franco-provençale. Ainsi, conclut Paola Moreno, Sainte-Beuve tenait le poète toscan en haute estime pour l’amour qu’il vouait à sa Béatrice, autant qu’il regrettait l’absence, dans la tradition française postérieure, d’un auteur aussi « passionné délicat et accompli » en mesure de produire une « poésie courte, légère, élégiaque », adjectifs dans lesquels la chercheuse identifie une référence à la Vita nuova. L’œuvre de Sainte-Beuve comporte, du reste, comme le démontre Paola Moreno, plusieurs échos à la personne de Béatrice, échos qui témoignent d’une appropriation de l’œuvre de l’Alighieri, admiré et perçu par Sainte-Beuve, comme par d’autres traducteurs, comme un véritable précurseur de la modernité.

On notera que par une phrase placée à la fin de l’introduction, les directeurs de la publication ont souhaité dédier le volume à Paola Moreno, disparue entre le colloque qui s’est tenu à Bruxelles en novembre 2021 et la publication de ces actes à l’automne 2023 : « Dedichiamo questo libro, con rimpianto e tristezza, alla memoria di Paola Moreno che ci ha prematuramente lasciato ».

 

Paola MORENO, “Sainte-Beuve traduttore e lettore della Vita nuova: a proposito di un esperimento del 1830” dans Gigante, C., Ventura, S. (dir.), Nouvellement traduit. Dante in altre lingue romanze, Florence, Franco Cesati Editore, 2023, p. 107-122.

 

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