Élite religieuse de La Mecque et Médine
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Doctorante : Kaori OTSYUA
Directeur de thèse : Frédéric BAUDEN
Mandat d'aspirante F.R.S.-FNRS (2019-2023)

Rôles sociaux et politiques de l'élite religieuse de La Mecque et Médine à l'époque mamelouke (1250–1517)

Dans le monde islamique, l'élite religieuse servait de médiateur entre l'élite dirigeante et militaire et les gens ordinaires. Les études sur l'élite religieuse ont été l'un des domaines majeurs de l'histoire islamique, de même que celles sur les aristocraties et les élites dans l'histoire de l'Europe. Cependant, malgré leur importance en tant que villes saintes de l'islam, l'élite religieuse de La Mecque et de Médine a été peu étudiée.

Le projet vise à étudier les rôles sociaux et politiques de l'élite religieuse sunnite à l'époque mamelouke (1250–1517). À cette époque, l'importance de deux villes saintes s'est accrue après la chute du califat abbaside au milieu de XIIIe siècle, même si ces villes étaient situées à la périphérie géographique des principaux centres de pouvoir. Les autorités politiques voisines, comme le sultanat mamelouk et le sultanat rasoulide du Yémen (1229–1454), tentaient d'influer sur la vie politique locale en intervenant auprès de l'élite dirigeante (émir) de chacune de ces villes, ce qui rendait instable la situation politique dans les villes saintes. L'élite religieuse a joué des rôles spécifiques dans cette situation unique à La Mecque et à Médine par rapport aux autres grandes villes comme ce fut le cas au Caire.

Dans ce projet, nous nous proposons d'examiner (1) les familles et leurs relations matrimoniales, (2) l'éducation de leurs membres, (3) les postes occupés, et (4) leurs relations avec l'élite dirigeante de chacune des villes et les autres autorités, comme le sultanat mamelouk et le sultanat rasoulide du Yémen sur base des dictionnaires contemporains et des chroniques très riches en informations sur l'élite religieuse. Par ailleurs, nous analyserons les récits de voyage et les inscriptions funéraires qui sont utiles pour compléter les données biographiques. Ce projet offrira une nouvelle perspective de compréhension de l'élite religieuse dans une région périphérique mais néanmoins significative d’un point de vue religieux.

Diffamer, désinformer, mobiliser par les pamphlets
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Doctorant : Alexandre GODERNIAUX
Directrice de thèse : Annick DELFOSSE
Bourse FRESH (2019-2023)

Diffamer, désinformer, mobiliser. La polémique catholique entre France et Pays-Bas habsbourgeois (1559-1648)

Longtemps ignorés par les chercheurs, les pamphlets des guerres de Religion font l’objet d’un très récent regain d’intérêt : traversés par des réalités politiques, religieuses, économiques, culturelles et sociales multiples, ils constituent des sources de tout premier choix pour renouveler l’histoire des conflits qui les ont engendrés. Par ailleurs, ces pamphlets prennent place dans la « pré-histoire » des fake-news, encore à écrire. Poursuivant d’évidents objectifs de désinformation ou d’invention volontaire d’informations pouvant nuire à autrui, conçus avant tout pour susciter une action précise au sein d’un groupe-cible bien identifié, ils ont joué avec la vérité, par la réinterprétation continuelle des événements ou par la diffusion d’informations apocryphes. Afin de contribuer à l’histoire de la désinformation par l’étude d’une de ses chapitres attestés mais encore très méconnu, cette thèse propose d’analyser la production de cinq dossiers de textes bien identifiés en lien étroit avec les réponses du camp adverse, selon le modèle de l’étude de cas. Une analyse interne, puisant notamment ses outils dans l’analyse du discours et la théorie de l’argumentation, mettra au jour les pratiques de désinformation, de diffamation et de mobilisation en identifiant les récurrences et les exceptions dans l’argumentation, la construction du discours ou encore la matérialité : il s’agira de reconstituer l’arsenal des polémistes à partir de leurs productions elles-mêmes. Parallèlement, un corpus secondaire permettra d’identifier les auteurs, les commanditaires, les imprimeurs et leurs moyens et, partant, d’affiner l’étude des pratiques discursives en articulant aspects médiatiques, réticulaires, contextuels et sociaux. Enfin, cette enquête sera inscrite dans un contexte plus large par l’étude de l’intermédialité entre les pamphlets et d’autres types de source et par la comparaison avec la polémique catholique produite dans d’autres pays.

Manuscrits mosans du XIIe siècle
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Doctorante : Aleuna MACARENKO
Directeurs de thèse : Cécile OGER et Benoît VAN DEN BOSSCHE
Université de Liège, Bourse non-Fria (2018-2022)

La production de manuscrits enluminés en pays mosan connaît son apogée au XIIe siècle avec la mise en œuvre d’un groupe de codices somptueux, ornés de miniatures en pleine page, dans lesquels les chercheurs reconnaissent nombre de caractéristiques stylistiques et iconographiques communes. Ces manuscrits sont la Bible de Floreffe, la Bible de Parc et la Bible d’Arnstein, aujourd’hui conservées à la British Library ; l'Évangéliaire d’Averbode et le Feuillet Wittert, joyaux des collections de la Bibliothèque universitaire de Liège ; la Bible Bonne-Espérance et un magnifique Évangéliaire quattuor de la Bibliothèque royale de Bruxelles ; le Psautier de Berlin, enfin, qui émerveille les visiteurs du Kupferstichkabinett de la capitale allemande.

Malgré le vif intérêt que les chercheurs ont manifesté à leur égard, force est de constater que les manuscrits du « groupe de Floreffe-Averbode », ainsi qu’on les appelle parfois, restent à ce jour largement méconnus. Ces codices sont indéniablement mosans et ont, pour la plupart, été mis en œuvre dans la seconde moitié du XIIe siècle ; le reste n’est que conjectures, comme le rappellent à l’envi les publications anciennes et récentes. Ainsi, leur destination première et à fortiori leur lieu de production n’ont, dans la plupart des cas, pas été déterminés ; leurs pérégrinations n’ont pas toujours pu être reconstituées ; leur datation demeure incertaine ; les liens même qui les unissent ne cessent de faire débat.

L’objectif de mon projet doctoral – qui mêle les approches traditionnelles de la codicologie et de la paléographie, du style et de l’iconographie, à des méthodes d’analyses physico-chimiques, dites archéométriques – est de mieux comprendre la genèse ces étonnants codices, ainsi que de faire la lumière sur la place que ce groupe occupe au sein de la production enluminée mosane et, plus largement, dans le contexte artistique roman. En filigrane de cette enquête se posera également l’épineuse question du rôle joué par les ordres religieux dans le processus de création artistique :  dans quelle mesure peut-on considérer que ces manuscrits, qui proviennent tous de maisons d’un même ordre – l’ordre de Prémontré –, sont-ils empreints, dans leur décor et dans leur liturgie, d’idéaux norbertins ?

 

Jan Swart van Groningen
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Doctorant : Gaylen VANKAN
Directrice de thèse : Dominique ALLART
Mandat d'aspirant F.R.S.-FNRS (2018-2022)

Circulation et usages de l'image dans les Pays-Bas au XVIe siècle. Le rôle de Jan Swart van Groningen

À la tête d'un atelier florissant à Anvers au début du XVIe siècle, Jan Swart van Groningen s'est illustré dans des domaines aussi variés que la peinture, le dessin, la gravure, le vitrail et peut-être aussi la sculpture. Les différentes facettes de son activité révèlent un prodigieux artiste-inventor, c'est-à-dire un concepteur de compositions et de formules iconiques marquantes, passibles d'usages multiples. Ses créations témoignent de son étonnante aptitude à assimiler des modèles divers et à les réélaborer de manière originale et percutante. Essaimant largement sous la forme de dessins et de gravures, elles furent à leur tour exploitées par d'autres artistes et artisans, non sans parfois être considérablement retravaillées et réinterprétées. À travers le prisme de l'œuvre de Jan Swart, c'est donc une dimension hautement interactive de la création artistique de la Renaissance qui se dévoile, fondée sur l'imitation et l'émulation.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Jan Swart n'a jusqu'ici fait l'objet d'aucune étude approfondie. Sa biographie sera retracée et un catalogue exhaustif et raisonné de son œuvre sera constitué. Mais bien au-delà de l'approche monographique, mon étude aura pour ambition de préciser la place centrale qu'occupa la production graphique du maître au sein d'un vaste réseau de circulation des images aux Pays-Bas, avec des échos repérables jusqu'au début du XVIIe siècle, notamment dans les arts verriers. À travers le cas emblématique de Jan Swart van Groningen, c'est l'apport des arts graphiques à la création artistique et, partant, à la culture visuelle de la Renaissance, qui sera donc réévalué. À cette fin seront mobilisés des outils conceptuels comme les notions de transferts et d'intericonicité, jusqu'ici peu appliqués à l'art ancien des Pays-Bas.

Studio della tradizione della Fiorita di Armannino giudice da Bologna
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Doctorante : Giulia BARISON
Directeurs de thèse : Fabrizio CIGNI et Nicola MORATO
Institution partenaire : Università degli Studi di Siena
Bourse de doctorat à l’Università degli Studi di Siena (2018-2021)

Opera di una certa fortuna presso gli antichi, ma dimenticata dai moderni, la Fiorita costituisce il primo testimone di una precisa tradizione in Italia: quella delle fiorite. Composta tra gli anni Venti e gli anni Trenta del Trecento, ovvero immediatamente dopo la morte di Dante Alighieri, costituisce anche uno dei primi testimoni della ricezione dell’opera dantesca presso gli antichi. La Fiorita è un’opera di carattere compilativo, una storia universale strutturata in 33 conti e in forma di prosimetro. Per redigerla, Armannino attinse sia da fonti latine, sia da fonti francesi, sia da volgarizzamenti italiani. La tradizione della Fiorita è molto complessa: la tradizione diretta si compone di 25 manoscritti, mentre quella indiretta di 4. I testimoni rendono conto della fortuna che ebbe l’opera tra il XIV e il XV secolo: i sostrati linguistici tradiscono una diffusione in tutta l’Italia settentrionale, mediana e in Toscana, oltre che un forte intervento da parte dei copisti. Della Fiorita possediamo diverse redazioni, versioni interpolate o alterate e una forte presenza dell’ingegno dei copisti: ciò rende molto complesso uno studio della tradizione dell’opera e ancor più la costituzione di uno stemma codicum. Per questo motivo non possediamo ancora un’edizione della Fiorita. Il progetto si propone di studiare approfonditamente la tradizione dell’opera e di fare chiarezza sui rapporti tra i suoi testimoni, in modo tale da porre le basi per una futura edizione della Fiorita.

Le concept de biographie dans la prose occitane
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Doctorante : Aude SARTENAR
Directeurs de thèse :
Caterina MENICHETTI et Nicola MORATO
Institution partenaire :
Université de Genève
Assistante-doctorante à l'Université de Genève, en co-tutelle avec l'Université de Liège (2017-2022)

Forme de vie, vie des traditions textuelles. Structures biographiques dans les chroniques et récits hagiographiques occitans (XIVe-XVe siècle)

Entre 1446 et 1458, Arnaud Esquerrier, chroniqueur officiel de la cour de Foix, rédige les Chroniques romanes des comtes de Foix, visant à légitimer l’autorité territoriale de ses commanditaires, Gaston IV et Éléonore de Navarre, contestée par les rois de France. Ce projet a pour objectif de répondre aux injonctions de Charles VII qui – suite à sa victoire contre les Anglais en 1442 dont il sort profondément enorgueilli – impose des pressions centralisatrices toujours plus fortes sur les barons du Midi dans le but de saper leurs privilèges. Les tensions s’accentuent en 1455 : l’accession de Gaston IV et de son épouse Éléonore aux titres de roi et reine de Navarre contrarie le fils de Charles, Louis XI, bien décidé à rappeler, de façon encore plus menaçante, son autorité de futur roi. Dans l’espoir de ralentir la mécanique oppressante de la couronne française, les comtes de Foix commandent un projet historiographique en deux volets : suite à l’échec de la chronique de Michel de Bernis en 1445, une nouvelle tentative est proposée à Arnaud Esquerrier, fraîchement nommé au poste d’historiographe officiel de la cour. Son œuvre nous est transmise par deux versions – l’une complète (XVIIe siècle), l’autre fragmentaire (XVIe siècle) – toutes deux conservées dans le ms. F1 des Archives départementales de l’Ariège, à Foix.

D’abord, les Chroniques romanes des comtes de Foix présentent un intérêt intrinsèque en ce qu’elles contiennent de nombreuses particularités linguistiques, langues d’oc et d’oïl entrant dans un dialogue rendu d’autant plus complexe qu’il est teinté de gasconismes ; certaines unités lexicales se révèlent tout à fait singulières et la graphie, alternant entre occitan et français, constitue un témoin privilégié du multilinguisme propre à cette région de la Romania, à la fin du Moyen Âge (XIVe-XVe siècles). Ensuite, bien que les témoins de ce type soient relativement rares en langue d’oc, l’analyse de récits de vie en prose offre une voie d’accès innovante à l’étude du champ de la biographie occitane dans son ensemble, trop longtemps cantonné aux vidas et razos des troubadours. Enfin, cette œuvre permet d’observer, plus largement, les interactions culturelles et politiques de part et d’autre des frontières sociolinguistiques, à cette époque charnière : des axes de comparaison sont envisagés non seulement avec la production littéraire du milieu bourgeois occitan, mais également avec celles des noblesses bretonne et catalane. Le projet doctoral vise donc à interroger les structures littéraires de la biographie à l’aube de la Renaissance, en tentant de comprendre comment un genre littéraire si étroitement lié à l’individu répond, dans un même temps, à des préoccupations sociétales et idéologiques impactant l’ensemble d’une collectivité, voire plusieurs collectivités mises en réseau.

Madrigal italien
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Doctorant : Frédéric DEGROOTE
Directrices de thèse : Émilie CORSWAREM et Anne-Emmanuelle CEULEMANS
Institution partenaire : Université catholique de Louvain
Bourse FRESH (2017-2021)

Spécificités et caractères cultivés dans le madrigal italien des anciens Pays-Bas méridionaux (1581-1603)

Cette recherche vise à étudier le répertoire du madrigal italien publié à Anvers par des compositeurs des anciens Pays-Bas méridionaux entre 1581 et 1603, à l'heure où le genre se voit consacrer des anthologies et des recueils consommés et produits en nombre. En dépit de cet important corpus produit au Nord, la majorité des travaux se sont jusqu'ici essentiellement focalisés sur la production madrigalesque italienne. Il s'agit dès lors dans ce projet de s'interroger sur l'existence et les éventuelles caractéristiques d'un madrigal spécifique aux anciens Pays-Bas. L'objectif est d'une part de mieux cerner l'appropriation par les compositeurs issus de ces régions d'un répertoire polyphonique profane éminemment italien où texte et musique entrent en résonance et d'autre part de mettre à jour un riche patrimoine « belge » à ce jour encore peu connu tant des musicologues que des musiciens. L'étude de plusieurs recueils figurent au centre de cette étude : ceux de Séverin Cornet (1581), de René del Mel (1588), de Jean de Turnhout (1589), de Jean Desquesnes (1594) et de Cornelis Verdonck (1603). Cette recherche, à la dimension à la fois éditoriale, analytique et archivistique, tentera ainsi de mieux comprendre comment ces compositeurs ont manipulé un langage musical qu'ils n'ont souvent connu qu'indirectement — la plupart n'étant pas passés par l'Italie — mais qui constituait l'un des éléments du paysage sonore où évoluait la population anversoise d'alors.

Dataires apostoliques de Léon X
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Doctorante : Eva TRIZZULLO
Directrice de thèse : Dominique ALLART
Bourse du F.R.S.-FNRS (2017-2021)

Des hommes de l'ombre omnipotents sur la scène artistique : les dataires apostoliques de Léon X, et leur impact sur la Haute Renaissance romaine

Cette thèse a pour ambition de révéler le rôle des dataires apostoliques de Léon X (1513-1521) dans les dynamiques artistiques de leur temps, à la fois comme auxiliaires du pape chargés de mettre en œuvre sa politique culturelle et artistique, mais également comme commanditaires pour leur propre compte. Les prélats toscans Lorenzo Pucci, Silvio Passerini, Latino Benassai et Baldassarre Turini partageaient de nombreux points communs, et notamment leur dévouement aux Médicis, qui leur valut d'obtenir ce poste très convoité de dataire. En cette qualité, ils furent en contact avec les plus grands artistes du temps – Léonard de Vinci, Raphaël, Giulio Romano, Baccio Bandinelli, Le Parmesan... – et supervisèrent des commandes aussi importantes que la décoration des Stanze du Vatican ou la réalisation des mausolées des papes de la famille Médicis à Santa Maria sopra Minerva. Ces hommes de l'ombre chargés de la gestion d'une partie des ressources financières de la curie romaine avaient l'avantage d'être « sur le terrain », en contact direct avec les architectes, peintres et sculpteurs sollicités. Ils surent profiter des pouvoirs que leur conférait leur fonction pour employer les meilleurs artistes à leur propre service, devenant ainsi eux-mêmes des mécènes prestigieux, dotés d'une autorité considérable. Ce faisant, ils contribuèrent significativement à la prééminence toscane qui caractérisa la vie culturelle romaine sous les papes médicéens. Presque complètement ignoré par la critique, le rôle crucial de ces hommes de l'ombre dans les productions artistiques les plus remarquables de la Renaissance romaine demande à être précisé. L'abondante documentation archivistique disponible pour ce faire est restée largement inexploitée. Cette thèse, associant l'étude des monuments et des œuvres à celle des sources écrites, permettra de jeter un éclairage tout à fait inédit sur l'une des phases les plus brillantes de l'histoire de l'art occidental.

Sandro Botticelli et la marqueterie
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Doctorante : Lucia AQUINO
Directrice de thèse : Dominique ALLART
Université de Liège, Bourse non-FRIA (2016-2020)

Sandro Botticelli et la marqueterie au temps de Laurent le Magnifique. Des arts mineurs aux arts majeurs et retour

Les peintures de Sandro Botticelli (1445-1510) sont de véritables icônes de l'art italien de la Renaissance. En revanche, les modèles que le célèbre artiste a fournis pour d'importants chantiers de marqueterie et sa collaboration avec des menuisiers de renom comme Giuliano da Maiano, par exemple, restent des facettes peu connues de son activité. La présente étude vise à les mettre en lumière. Il s'agira par là même de réévaluer le mode de fonctionnement des grands ateliers du Quattrocento, sur la base de documents d'archives jusqu'ici inédits, ce qui conduira aussi à reconsidérer la question des rapports entre « arts majeurs » et « arts mineurs » à la Renaissance. Il apparaît en effet ces derniers ont joué un rôle non négligeable dans l'élaboration du canon artistique moderne européen.

Philippe le Hardi et la diplomatie
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Doctorant : Sébastien DAMOISEAUX
Directeur de thèse : Alain MARCHANDISSE
Université de Liège, Bourse non-FRIA (2016–2020)

Vecteurs et rouages de la diplomatie du duc de Bourgogne Philippe le Hardi (1363-1404)

Ce projet de doctorat participe du regain d'intérêt actuel pour l'histoire des pratiques diplomatiques des XIVe-XVe siècles. Il entend éclairer les vecteurs et les rouages de la diplomatie d'un grand prince de la seconde moitié du XIVe siècle, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi (1363-1404). Fils, frère et oncle de rois de France, premier duc de Bourgogne de la maison de Valois (1363), doyen des pairs du royaume, il exerça une grande influence sur le gouvernement de la France. Cette domination, il l'établit non seulement grâce à ses qualités de stratège politique, mais aussi en maniant avec talent l'art de la négociation. Cependant, sur l'échiquier politique de son temps, la position de Philippe est ambiguë. Prince des lys et soutien indéfectible de la Couronne de France, il est aussi duc de Bourgogne, puis dirigeant des domaines qu'il tient de son épouse. Rassemblées sous la seule couronne ducale, ces terres conservent leurs particularismes. L'on peut se demander si, dans son action diplomatique, Philippe a agi comme principal étai du gouvernement royal français ou comme un grand féodal plus soucieux de ses intérêts et de ceux de ses États. En d'autres termes, le duc développa-t-il une diplomatie franco-bourguignonne ou choisit-il de dissocier, en cette matière, les intérêts de la France et les siens propres ?

Édition et étude de Gerard du Frattre
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Doctorante : Adélaïde LAMBERT
Directrice de thèse : Nadine HENRARD
Université de Liège, Bourse non-FRIA (2016-2020)

Édition critique et étude de Gerard du Frattre, compilation épique du XVIe siècle (Paris, BnF, fr. 12791)

Depuis une quinzaine d'années, les mises en prose de textes médiévaux bénéficient d'un regain d'intérêt qui a finalement donné naissance à un courant critique. Alors que, jusqu'à une époque très récente, c'est autour des réfections du XVe siècle que se sont polarisées les recherches, les réécritures plus tardives semblent enfin retenir l'attention, et c'est au cœur de cette nouvelle orientation que s'inscrit notre recherche doctorale. Notre travail porte sur Gerard du Frattre, une fresque épique encore inédite, contenue dans un manuscrit copié en 1525 par le bourgeois parisien Jacques Le Gros. Cette œuvre est le fruit de l'assemblage de trois remaniements en prose issus de chansons de geste du XIIe siècle : d'abord, Fierabras, puis la Chanson d'Aspremont et, enfin, le Voyage de Charlemagne à Jérusalem. Le premier objectif de la thèse consiste à fournir une édition intégrale de Gerard du Frattre d'après le manuscrit unique Paris, BnF, fr. 12791 qui le conserve (228 folios), accompagnée de ses compléments critiques. Notre deuxième objectif vise, quant à lui, à éclairer la tradition textuelle de cette compilation, ainsi qu'à étudier la manière dont elle actualise l'écriture et le contenu de l'épopée. Il s'agit également de saisir ses rapports – de continuité et de rupture – avec les best-sellers épiques imprimés à Paris, dans la première moitié du XVIe siècle.

Transfictionnalité et intercyclité arthuriennes
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Doctorante : Véronique WINAND
Directeurs de thèse : Anne SCHOYSMAN et Nicola MORATO
Institution partenaire : Università degli Studi di Siena
Bourse de la Fondazione Ezio Franceschini, Dottorato regionale Pegaso (2016-2019)

À la croisée des cycles. Dynamiques d'intercyclicité et de transfictionnalité dans les sommes arthuriennes tardives

Ce projet a pour objectif d'étudier la formation et l'histoire rédactionnelle d'une vingtaine de compilations de thématique arthurienne ayant circulé en Europe du nord au cours du Moyen Âge tardif.

Saint-Trond XIIe-XIIIe siècles
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Doctorant : Kevin SCHMIDT
Directrice de thèse : Florence CLOSE
Université de Liège, Assistant en Histoire du Moyen Âge (2013-2019)

La communauté de Saint-Trond dans la querelle du Sacerdoce et de l'Empire (XIIe-XIIIe siècles)

Malgré la clôture derrière laquelle ils se retranchaient, les moines ne pouvaient demeurer étrangers aux affaires extérieures et se devaient de compter avec le siècle. Qu'il suffise de rappeler que durant tout le Moyen Âge, les abbayes figuraient parmi les plus grands propriétaires terriens, ce qui ne manquait pas de susciter les convoitises de leurs voisins, tant du point de vue économique que politique. Entre le XIIe et le XIVe siècle, les querelles entre Pape et Empereur ou entre princes territoriaux furent relativement fréquentes ; les abbayes n'ont pu rester en dehors de ces conflits. La plupart d'entre elles ont été amenées à prendre parti et à rallier l'un ou l'autre camp, en fonction des circonstances et du contexte politique du moment. Dans bien des cas, ces prises de position ont infléchi durablement les conditions de vie de la communauté, permis ou interdit l'accroissement du prestige de son abbé ; aucune n'a été sans conséquence pour son patrimoine foncier. Ainsi conçue, l'étude des relations d'une abbaye avec le monde extérieur, en particulier avec les hautes autorités ecclésiastiques et temporelles s'avère d'une importance capitale pour la compréhension de l'évolution du paysage politique et institutionnel tant au niveau régional qu'international.

La recherche menée dans le cadre de cette thèse consiste en l'étude de la place tenue par un établissement ecclésiastique censé être « hors du monde » sur l'échiquier politique, en l'occurrence l'abbaye de Saint-Trond, durant les deux siècles de la querelle du Sacerdoce et de l'Empire (XIIe-XIIIe siècles). La position institutionnelle de cette abbaye, tiraillée d'abord entre les évêques de Liège et de Metz, ensuite entre l'évêque de Liège et le duc de Brabant est de nature à rendre cette étude particulièrement intéressante. Cette thèse doit également permettre une meilleure connaissance des jeux politiques auxquels se livrent une abbaye et son abbé et aboutir ainsi à une meilleure perception des mécanismes de pouvoir qui régissent la vie d'un monastère, à l'intérieur et à l'extérieur de la clôture.

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