Des livres en mouvements  edit
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Post-doctorant : Renaud ADAM
Directrice de recherches : Annick DELFOSSE
Université de Liège (2018-2019)

Des livres en mouvements : étude du marché du livres dans les Pays-Bas espagnols à la première Modernité

L'étude du marché du livre ne relève pas uniquement de l'histoire économique, mais donne l'opportunité́ de développer une large réflexion sur les fondements des trajectoires culturelles. C'est pourquoi, au travers de l'analyse de la circulation effective des livres dans les Pays-Bas espagnols à la première Modernité, ce projet propose d'apporter sa contribution à un renouvèlement de nos connaissances des échanges transnationaux entre les Pays-Bas et ses partenaires. Une attention toute particulière sera portée à l'analyse des réseaux et de l'encadrement de la vente de livres ainsi qu'aux structures sociales des acteurs de ce marché, avec une focale sur le comté de Hainaut et Bruxelles. Les résultats obtenus permettront de jeter un nouvel éclairage sur les procédés sous-jacents qui ont facilité la transition des Pays-Bas vers l'époque moderne.

Ce projet a déjà donné lieu à une édition électronique : Renaud ADAM, Édition de l'Inventaire des livres trouvés chez les libraires montois le 16 mars 1569 (n.s.) [En ligne].


« ROMANESCO 1450–1550 »  edit
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Post-Doctorant : Gianluca VALENTI
Directrice de recherche : Paola MORENO
Université de Liège

« ROMANESCO 1450–1550 »

Dès leurs origines, les dialectes italiens peuvent être répartis en trois grands groupes, correspondant à trois macro-régions : le nord, le sud et la Toscane. Les attestations les plus anciennes montrent que la langue de Rome (le romanesco) faisait partie des langages méridionaux ; puis, aux 15e-16e siècles elle évolua de façon inattendue et se rapprocha des variétés toscanes. Cette singularité a été soulignée à plusieurs reprises, et nombreuses sont les explications qui en ont été données, depuis Bruno Migliorini (qui soutient que « l'histoire du romanesco est l'histoire de son effondrement ») jusqu'à, tout récemment, Marco Mancini et Pietro Trifone. Toutefois, le débat s'est poursuivi pendant des années sans aboutir à un accord, et personne n'a encore proposé une théorie qui fasse l'unanimité sur les causes, la chronologie, les modalités et les conséquences de cet effondrement.

Dans mon projet, « ROMANESCO 1450–1550 », je me propose d'investiguer ce sujet encore ouvert, à travers une recherche qui prenne en compte plusieurs sous-objectifs et plusieurs axes de recherche, à savoir :

  1. L'identification et l'édition semi-diplomatique de textes pratiques jusqu'à présent inconnus, conservés dans les archives et bibliothèques romaines, écrits à Rome à la Renaissance ;
  2. La création d'une base de données open access, qui ambitionne de répertorier, au fil du temps, tous les documents écrits en romanesco, des origines à 1550 ;
  3. La réalisation d'une double analyse linguistique, visant à combiner les approches traditionnelles de la sociolinguistique historique aux développements méthodologiques les plus récents de la linguistique de corpus ;
  4. L'étude de la circulation des grammaires toscanes à Rome entre 15e et 16e siècle, qui vise à mieux cibler les lecteurs – réels et potentiels – de ce nouveau genre textuel : la grammaire des langues vulgaires.

Benedetto Varchi et les arts  edit
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Post-Doctorant : Antonio GEREMICCA
Directrice de recherche : Dominique ALLART
F.R.S.-FNRS (Chargé de recherches, 2016-2019)

Benedetto Varchi et les arts : un corpus de sources méconnues sur les rapports entre peinture, sculpture et poésie à la Renaissance

Benedetto Varchi (1503-1565), l'un des intellectuels notoires de la Renaissance, est aussi célèbre pour l'intérêt qu'il porta aux arts. Les fameuses Due Lezzioni qu'il prononça à l'Académie de Florence en 1547 ont déterminé la réflexion critique sur l'art au début des Temps Modernes. Varchi y exalte un idéal d'artiste-lettré inspiré de Michel-Ange. ll mène aussi une étude comparative des arts (paragone), en initiant, en outre, la réflexion théorique sur l'Ut pictura poesis à la Renaissance. En invitant des artistes à s'exprimer sur le sujet, à une époque où les hommes de lettres prétendaient monopoliser les débats philosophiques sur l'art, il anticipe virtuellement l'initiative que prendra son ami Vasari de mobiliser les artistes autour d'idéaux communs au sein d'une Accademia del Disegno.

À côte des fameuses Due Lezzioni, Varchi a laissé beaucoup d'autres documents où il traite d'art : sonnets, épigrammes latines, correspondances et un traité théorique. Ces textes sont tantôt dédiés à des artistes, tantôt à leurs œuvres. C'est là une mine encore presque inexploitée, dont l'impact sur les pratiques et les théories artistiques de la Renaissance attend donc d'être mis en lumière.

Cette recherche vise à réévaluer le rôle essentiel joué par Varchi dans l'histoire de l'art du Cinquecento et à étudier ses nombreux rapports avec les artistes de son époque.

Présentation


Couvents féminins en zone frontalière  edit
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Post-Doctorante : Julie PIRONT
Directrice de recherche : Marie-Elisabeth HENNEAU
Institutions partenaires : Université de Franche-Comté (Laboratoire des Sciences Historiques), Université de Lorraine (Centre de Recherche Universitaire Lorrain d'Histoire)
Projet de recherche-cadre : LODOCAT
FRS-FNRS (Chargée de recherche, 2016-2019)

Bastions de pierres et de prières aux marges de l'Europe catholique : les couvents féminins établis dans les villes de frontière (1597-1677). Répertoire des sources et comparaison des édifices

Le projet envisage de comparer la topographie de monastères féminins répartis sur la « Dorsale catholique » reliant l'Italie à la mer du Nord. La partie nord de ce territoire (anciens États bourguignons), entre Lille et Beaune, offre un champ d'investigation pertinent, en particulier durant la guerre de Trente Ans (1618-1648), alors que les couvents féminins s'implantent massivement dans les villes, aux frontières du protestantisme. Dans ce contexte, les monastères peuvent être envisagés comme des « bastions » spirituels associés à l'œuvre de la Réforme catholique. Par leur allure de forteresses aux fenêtres grillagées, ils constituent une ligne défense spirituelle face à l'ennemi tout en manifestant la présence missionnaire de religieuses au cœur des villes. Ces deux aspects seront approchés d'une part, par l'analyse de la position des monastères dans le paysage urbain et le rapport des communautés à la société et, d'autre part, par l'étude de la distribution intérieure des espaces et de leur utilisation.

En sélectionnant quatorze villes-clés représentatives de « l'invasion conventuelle » (entre Lille et Beaune en passant par les anciens Pays-Bas, la Lorraine et la Franche-Comté) et quatre congrégations féminines aux profils diversifiés (annonciades célestes, carmélites déchaussées, visitandines et ursulines), soit 46 monastères, le projet abordera l'architecture de ces édifices dans une perspective anthropologique, mobilisant des sources riches et variées (vestiges, plans et iconographie, sources narratives et littérature spirituelle).

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